[RGPD] Quel impact sur le marketing ? Interview de Vincent Faouet

[RGPD] Quel impact sur le marketing ? Interview de Vincent Faouet

Pouvez-vous nous décrire en quelques mots l’activité de votre société ?

Je suis basé en région parisienne et peux intervenir un peu partout en France. Plutôt que me décrire comme un consultant en marketing, je préfère me définir comme un commerçant, car je trouve que la notion de marketing est réductrice par rapport à la finalité qui est la sienne : la vente.

Quel est votre domaine d’expertise, à quelles problématiques répondez-vous ?

Mes interventions concernent la conception / réalisation de supports, process visant à vendre quelque chose (un produit ou un service – et là on peut parler de e-commerce, de vente à distance) ou décrocher des leads (qui sont la porte d’entrée à la vente…). Pour ces interventions, que je peux mener seul ou en partenariat avec d’autres professionnels du secteur (SEO, SEA, éditeur de logiciel, agence de marketing…), j’interviens aussi bien sur l’un ou l’autre des deux 2 grands volets du marketing : le stratégique et l’opérationnel, avec notamment le content et l’Inbound marketing.

Quel impact aura le RGPD sur votre métier ?

On ne peut plus faire de business et de marketing sans focuser ses réflexions sur les datas clients. C’est dire si la data et, avec elle, la réglementation doivent devenir une préoccupation majeure pour toutes les entreprises, comme pour les structures publiques. Car, dès qu’il y a collecte de données se rapportant à des personnes identifiées ou identifiables et utilisations de ces données à des fins marketing, le RGPD pointe son nez. Et cela est vrai aussi bien en BtoC qu’en BtoB. C’est dire si les décideurs qui doivent s’intéresser au RGPD sont nombreux…

Le cœur de la réglementation vise à ce que l’entreprise dispose d’une connaissance claire de son patrimoine de données clients / prospects. Que les données collectées ont fait l’objet de l’accord des individus et que l’entreprise puisse fournir la preuve de cet accord préalable, que les traitements informatiques et l’utilisation que l’entreprise souhaite faire de ces données soient clairement mentionnés (les données collectées doivent être utilisées pour des finalités déterminées, explicitées et légitimes). Que la collecte de données sur les centres d’intérêts des enfants fasse l’objet d’un accord préalable des parents. Que les individus disposent d’un droit à s’opposer à certains types de traitement de leurs données, comme pouvoir disposer du droit à l’oubli. Et enfin, pour les données dites sensibles (données bancaires, médicales…) fassent l’objet de procédures de sécurisation spécifiques.

Un tel état fait que l’entreprise doit désormais avoir à l’égard de son patrimoine de données une politique de collecte, de recensement, de transparence et de sécurisation bien plus importante qu’auparavant… Ce qui devrait donner lieu à la création de sortes de « Patrons des données », les CDO (Chief Data Officer).

Quels points de la RGPD sont particulièrement importants pour votre activité ?

Difficile d’en extraire un du lot… Car ils le sont tous. Comment, à compter de mai 2018, date d’entrée en vigueur de la RGPD, mener une opération marketing sur une base de données ne satisfaisant pas au RGPD ? Difficile. Mon rôle n’étant pas d’intervenir sur ce sujet auprès de mes clients je ne peux qu’inciter à la mise en conformité rapide et signaler la nécessité de le faire si ce n’est pas encore engagé, car, sans cela, l’entreprise entre dans une zone à risques… Pour mémoire, l’amende liée au non-respect du RGPD peut atteindre les 4% du CA de l’entreprise…

Vos clients sont-ils réceptifs et informés des enjeux de cette réglementation européenne sur la protection des données ?

Ce point de réglementation est, sauf dans de rares cas, peu évoqués. Bien que la presse spécialisée s’en soit fait l’écho, on ne sent pas encore une « frénésie » sur le sujet. Les problématiques de mes clients étant, et c’est bien normal compte tenu de mon activité, toujours orientées business… Mais que dire face à ce constat, si ce n’est : Hélas ! Car, jusqu’à ce qu’un « gros acteur » se fasse prendre par la nouvelle réglementation et doive débourser le montant d’une amende record, on peut craindre que le sujet n’entre pas dans les priorités premières des décideurs… Ce qui est un véritable problème de fond pour les acteurs du marketing.

Quels conseils donneriez-vous à un DPD (délégué de la protection de la donnée) pour l’aider à sensibiliser sur la RGPD en interne ?

Connaître, sur le bout des doigts ou se faire conseiller par un juriste, les obligations liées au RGPD. Recenser son patrimoine de données puis le maintenir à jour perpétuellement en s’assurant que les accords des prospects / clients sont bien disponibles en base et respectés (pour cela, il faut s’assurer que les process marketing – envois d’emailing offres vs programme de fidélité –  aient bien fait l’objet du consentement de l’individu adressé) et surtout disposer d’un CRM performant pour gérer ses éléments dans leur ensemble… Bref, pour résumer avoir le bon CDO à la tête du patrimoine données et le bon outil pour exploiter tout cela dans les règles du RGPD.

Vincent

Vincent

Marketing & Communication | Conseil stratégique & Accompagnement opérationnel

 J'accompagne les décideurs de PME / PMI et leurs équipes à mettre en place des stratégies marketing, à adopter de nouveaux outils.

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Relation acheteur / vendeur : tout (ou presque) est VAD !

Relation acheteur / vendeur : tout (ou presque) est VAD !

La Vente À Distance, que l’on réduit, trop souvent aujourd’hui, sous l’intitulé de e-commerce, est un phénomène protéiforme, multiple et évolutif. Quelques réflexions sur ce que l’on nomme la Vente À Distance pour élargir les horizons d’un intitulé restreint à un usage : la transaction entre un acheteur et un vendeur autour d’un bien (produit ou service)… alors qu’il en existe un autre, trop souvent oublié !

La sémantique à la vie dure et, avec elle, la cohorte des anciennes symboliques qu’elle véhicule.

VAD : de quoi parlons-nous ?

 

Prenons un exemple simple. Si l’on parle de Vente À Distance (VAD). Ce terme, se transformera, selon l’âge du lecteur, en différentes images :

  • Le « gros » catalogue de La Redoute pour les plus seniors (du temps où la VAD s’appelait encore la VPC pour Vente Par Correspondance).
  • Le site Amazon ou de la Fnac pour les adultes et jeunes adultes.
  • Les applications (apps) de ces mêmes enseignes pour les plus jeunes.

 

L’appellation de VAD a donc plusieurs réalités, selon la personne à qui l’on s’adresse ; suivant son histoire avec la marque et sa pratique des supports marketing qui lui ont été fournis : du catalogue papier avec sa cohorte de mailings postaux de relance, de prospection …etc. jusqu’aux… applications mobiles sur smartphone.

FEVAD de 1999 ou FEVAD d’aujourd’hui : quelle est la différence ?

 

L’aspect amusant de cette histoire est que les syndicats professionnels du milieu ont fait évoluer leur nom, de manière plus ou moins visible, au fil du temps, en fonction des réalités et pratiques du secteur. On peut ici citer le Syndicat des Entreprises de Vente par Correspondance (SEVPC) qui, né en 1957, est devenu :

  • en 1987, le Syndicat des Entreprises de Vente Par Correspondance et à Distance (SEVPCD),
  • en 1999 la Fédération des Entreprises de Vente À Distance (FEVAD)…
  • toujours connu aujourd’hui sous le nom de FEVAD, mais dont l’acronyme signifie, depuis 2007, Fédération du E-commerce et de la Vente À Distance (source wikipédia).

 

 

Vente À Distance : bien plus qu’une simple transaction entre un vendeur et un acheteur

 

La notion de VAD charrie donc tout un historique, « lourd de sens » quant à la forme marketing (supports utilisés) qu’elle prend. Une réalité plurielle qui est toujours actuelle.

Ainsi, les vadistes contemporains s’adressant à des populations des 3ème et 4ème âge utilisent encore et toujours (pour ne pas dire uniquement) des supports papier pour vendre à leur clientèle (ex. Laboratoire Natur’Avignon), Amazon réalise des catalogues papiers pour les jouets à Noël tout en ayant pour fer de lance son site et son app, le marché de la VAD BtoB a ses « monstres » (Manutan, Raja, Staples, etc.), même des entreprises, dont ce n’est pas le modèle d’affaires originel, font de la VAD (ex. SFR, Bouygues, Orange proposent d’acheter les smartphones ou de changer de forfait via le net)…

Les exemples ici cités ont tous un point commun : une transaction immatérielle entre un acheteur et un vendeur autour d’un bien matériel ou immatériel (produit ou service).

Adopter une stratégie Inbound Marketing c’est aussi faire de la VAD !

 

Une question demeure tout de même en suspens : est-ce que seule la transaction autour d’un bien (produit ou service) entre un acheteur et un vendeur définie la VAD ? La réponse est, à mes yeux, clairement non.

Prenons l’exemple de l’Inbound Marketing. Inutile d’expliquer l’objet de cette technique marketing, de nombreuses ressources sur le sujet existe ici même

Lire nos articles sur L’Inbound Marketing

Que cherche l’entreprise quand elle adopte une stratégie Inbound Marketing avec ses outils métier dédiés (CRM et Marketing Automation) et sa politique de contenus ? Elle cherche à vendre par exemple, des rendez-vous entre ses forces commerciales et des prospects identifiés comme matures. Certes, il n’y a pas ici de transaction commerciale. La seule « transaction » est la vente d’un rendez-vous entre le vendeur et le prospect.

À mes yeux, et on peut le prendre par tous les bouts, l’Inbound Marketing est, de facto, une technique VAD visant non pas à vendre un produit ou un service, mais un rendez-vous durant lequel se fera la transaction commerciale pour le produit ou le service proposé par l’entreprise auprès d’une autre (BtoB) ou d’une personne physique (BtoC).

Pour conclure, on peut dire, à l’image de M. Jourdain (qui faisait de la prose sans le savoir – Le Bourgeois Gentilhomme, Acte II, scène IV), que toute entreprise adoptant une stratégie Inbound Marketing fait de la VAD, sans forcément le savoir… Une raison suffisante pour éviter, à l’avenir, de penser catalogue de vente papier quand on parle de VAD…

Vincent

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