[RGPD] Quel impact sur le marketing ? Interview de Vincent Faouet

par | Déc 14, 2017 | Marketing, RGPD |

Pouvez-vous nous décrire en quelques mots l’activité de votre société ?

Je suis basé en région parisienne et peux intervenir un peu partout en France. Plutôt que me décrire comme un consultant en marketing, je préfère me définir comme un commerçant, car je trouve que la notion de marketing est réductrice par rapport à la finalité qui est la sienne : la vente.

Quel est votre domaine d’expertise, à quelles problématiques répondez-vous ?

Mes interventions concernent la conception / réalisation de supports, process visant à vendre quelque chose (un produit ou un service – et là on peut parler de e-commerce, de vente à distance) ou décrocher des leads (qui sont la porte d’entrée à la vente…). Pour ces interventions, que je peux mener seul ou en partenariat avec d’autres professionnels du secteur (SEO, SEA, éditeur de logiciel, agence de marketing…), j’interviens aussi bien sur l’un ou l’autre des deux 2 grands volets du marketing : le stratégique et l’opérationnel, avec notamment le content et l’Inbound marketing.

Quel impact aura le RGPD sur votre métier ?

On ne peut plus faire de business et de marketing sans focuser ses réflexions sur les datas clients. C’est dire si la data et, avec elle, la réglementation doivent devenir une préoccupation majeure pour toutes les entreprises, comme pour les structures publiques. Car, dès qu’il y a collecte de données se rapportant à des personnes identifiées ou identifiables et utilisations de ces données à des fins marketing, le RGPD pointe son nez. Et cela est vrai aussi bien en BtoC qu’en BtoB. C’est dire si les décideurs qui doivent s’intéresser au RGPD sont nombreux…

Le cœur de la réglementation vise à ce que l’entreprise dispose d’une connaissance claire de son patrimoine de données clients / prospects. Que les données collectées ont fait l’objet de l’accord des individus et que l’entreprise puisse fournir la preuve de cet accord préalable, que les traitements informatiques et l’utilisation que l’entreprise souhaite faire de ces données soient clairement mentionnés (les données collectées doivent être utilisées pour des finalités déterminées, explicitées et légitimes). Que la collecte de données sur les centres d’intérêts des enfants fasse l’objet d’un accord préalable des parents. Que les individus disposent d’un droit à s’opposer à certains types de traitement de leurs données, comme pouvoir disposer du droit à l’oubli. Et enfin, pour les données dites sensibles (données bancaires, médicales…) fassent l’objet de procédures de sécurisation spécifiques.

Un tel état fait que l’entreprise doit désormais avoir à l’égard de son patrimoine de données une politique de collecte, de recensement, de transparence et de sécurisation bien plus importante qu’auparavant… Ce qui devrait donner lieu à la création de sortes de « Patrons des données », les CDO (Chief Data Officer).

Quels points de la RGPD sont particulièrement importants pour votre activité ?

Difficile d’en extraire un du lot… Car ils le sont tous. Comment, à compter de mai 2018, date d’entrée en vigueur de la RGPD, mener une opération marketing sur une base de données ne satisfaisant pas au RGPD ? Difficile. Mon rôle n’étant pas d’intervenir sur ce sujet auprès de mes clients je ne peux qu’inciter à la mise en conformité rapide et signaler la nécessité de le faire si ce n’est pas encore engagé, car, sans cela, l’entreprise entre dans une zone à risques… Pour mémoire, l’amende liée au non-respect du RGPD peut atteindre les 4% du CA de l’entreprise…

Vos clients sont-ils réceptifs et informés des enjeux de cette réglementation européenne sur la protection des données ?

Ce point de réglementation est, sauf dans de rares cas, peu évoqués. Bien que la presse spécialisée s’en soit fait l’écho, on ne sent pas encore une « frénésie » sur le sujet. Les problématiques de mes clients étant, et c’est bien normal compte tenu de mon activité, toujours orientées business… Mais que dire face à ce constat, si ce n’est : Hélas ! Car, jusqu’à ce qu’un « gros acteur » se fasse prendre par la nouvelle réglementation et doive débourser le montant d’une amende record, on peut craindre que le sujet n’entre pas dans les priorités premières des décideurs… Ce qui est un véritable problème de fond pour les acteurs du marketing.

Quels conseils donneriez-vous à un DPD (délégué de la protection de la donnée) pour l’aider à sensibiliser sur la RGPD en interne ?

Connaître, sur le bout des doigts ou se faire conseiller par un juriste, les obligations liées au RGPD. Recenser son patrimoine de données puis le maintenir à jour perpétuellement en s’assurant que les accords des prospects / clients sont bien disponibles en base et respectés (pour cela, il faut s’assurer que les process marketing – envois d’emailing offres vs programme de fidélité –  aient bien fait l’objet du consentement de l’individu adressé) et surtout disposer d’un CRM performant pour gérer ses éléments dans leur ensemble… Bref, pour résumer avoir le bon CDO à la tête du patrimoine données et le bon outil pour exploiter tout cela dans les règles du RGPD.

Vincent

Vincent

Marketing & Communication | Conseil stratégique & Accompagnement opérationnel

 J'accompagne les décideurs de PME / PMI et leurs équipes à mettre en place des stratégies marketing, à adopter de nouveaux outils.

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